FONCTIONS
1. Représentations
1.1. Représentation tabulaire
1.2. Représentations graphiques
1.2.1. Représentations planes
1.2.2. Représentations 3D
1.2.3. Représentations vectorielles
1.2.4. Propriétés des représentations graphiques
1.3. Représentations analytiques
2.1. Dépendance et indépendance
2.2. Domaine d'existence
2.3. Fonctions croissantes ou décroissantes
2.4. Fonctions constantes
2.5. Fonctions périodiques
2.6. Fonctions composées et élémentaires
2.7. Limite et continuité des fonctions
2.7.1. Asymptotes
3.1. Bases vulgaires
3.2. Base décimale et nepérienne
3.3. Nombre d'Euler (exponentielle)
Définitions:
D1.
Nous disons que y
est une fonction de x
et nous écrirons
,
etc., si à chaque valeur de la variable x
appartenant à un certain domaine de définition (ensemble) D,
correspond une valeur de la variable y
dans un autre domaine de définition (ensemble) E.
Ce que nous notons :
(16.55)
La variable x est appelée "variable indépendante" ou "variable d'entrée" et y "variable dépendante".
La dépendance entre les variables x et y s'appelle une "dépendance fonctionnelle". La lettre f, qui entre dans la notation symbolique de la dépendance fonctionnelle, indique qu'il faut appliquer certaines opérations à x pour obtenir la valeur correspondant y.
Nous écrivons parfois :
(16.56)
au lieu de :
(16.57)
Dans ce dernier cas la lettre y exprime en même temps la valeur de la fonction et le symbole des opérations appliquées à x.
D2. L'ensemble des valeurs x pour lesquelles la valeur de la fonction y est donnée par la fonction f(x) est appelé "domaine d'existence" de la fonction (ou domaine de définition de la fonction).
D3.
La fonction
est
dite "fonctions croissante" si à une
plus grande valeur de la variable indépendante correspond
une plus grande valeur de la fonction (de l'image). Nous
définissons de manière
analogue mais inverse la "fonction
décroissante".
D4. Une "fonction constante" est une fonction pour laquelle à toute valeur de la variable indépendante correspond toujours une même image constante.
D5. La fonction
est
dit "fonction périodique" s'il
existe un nombre constant
tel
que la valeur de la fonction ne change pas quand nous ajoutons
(ou que retranchons) le nombre
à la variable indépendante tel que:
(16.58)
Ce qui correspondant à une translation selon x. La plus petite constante satisfaisant à cette condition est appelée "période" de la fonction. Elle est fréquemment notée T en physique.
D6. En calcul différentiel et intégral, l'expression :
(16.59)
avec
est d'un intérêt particulier. Nous l'appelons un "quotient
d'accroissement" (nous reviendrons beaucoup plus
en détail
sur ce sujet lors de notre étude du calcul différentiel et intégral).
D7. Nous utilisons certaines propriétés des fonctions pour faciliter leur représentation graphique et leur analyse. En particulier, une fonction f(x) est dite "fonction paire" si :
(16.60)
pour tout x dans son domaine de définition. Une fonction est dite "fonction impaire" si :
(16.61)
pour tout x dans son domaine de définition.
Ainsi, pour résumer une fonction paire est une fonction qui ne dépend pas du signe de la variable et une fonction impaire change de signe quand nous changeons le signe de la variable (la spirale de Cornus dans le chapitre de Génie Civil est un bon exemple pratique de fonction impaire). Ce concept nous sera très utile pour simplifier certaines expressions très utiles en physique (comme les transformées de Fourier des fonctions paires ou impaires par exemple!).
Montrons maintenant que toute fonction f(x) est la somme d'une fonction paire g(x) et d'une fonction impaire h(x).
Démonstration:
Posons :
(16.62)
alors :
(16.63)
Si nous sommons, nous avons dès lors :
(16.64)
et en soustrayant :
(16.65)
Il existe donc bien une décomposition paire et impaire de toute fonction.
C.Q.F.D.
D8. De façon générale, si f(x) et g(x) sont des fonctions quelconques, nous utilisons la terminologie et les notations données dans le tableau suivant :
Terminologie |
Valeur de la fonction |
Somme |
|
Différence |
|
Produit |
|
Quotient |
Les domaines de définition de
,
,
sont
l'intersection I des domaines de définition de f(x)
et de g(x), c'est-à-dire les nombres qui sont
communs aux deux domaines de définition. Le domaine de définition
de
est
quant à lui le sous-ensemble de I comprenant tous les x de
I tels que
.
D9. Soit y une fonction de u et u une fonction de la variable x, alors y dépend alors de x et nous avons ce que nous appelle une "fonction composée" et que nous notons:
ou
(16.66)
Pour la dernière notation, il faut lire "f rond g" et ne pas confondre le "rond" avec la notation du produit scalaire que nous verrons lors de notre étude du calcul vectoriel (cf. chapitre de Calcul Vectoriel).
Le domaine de définition de la fonction composée est soit
identique au domaine tout entier de définition de la fonction
,
soit à la partie de ce domaine dans laquelle les valeurs de u
sont telles que les valeurs correspondantes f(u) appartiennent
au domaine de définition de cette fonction.
Le principe de fonction composée peut être appliqué non seulement une fois, mais un nombre arbitraire de fois.
Si x
ne dépend pas d'une autre variable (ou qu'elle n'est pas elle même
une fonction composée), nous disons alors que
est
une "fonction élémentaire".
Les principales fonctions élémentaires sont des fonctions dont l'expression est l'une des suivantes:
1. La "fonction puissance" :
(16.67)
où m est un nombre positif différent de 1 (sinon il s'agit d'une fonction linéaire).

(16.68)
2. La "fonction exponentielle" :
(16.69)
où a est un nombre positif différent de 1.
3. La "fonction logarithmique" :
(16.70)
où la base du logarithme est un nombre positif a différent de l'unité (cette fonction sera définie rigoureusement un peu plus loin).
4. Les "fonctions trigonométriques" (cf. chapitre de Trigonométrie) :
...
(16.71)
5. Les "fonctions polynomiales" :
(16.72)
où
sont
des nombres constants appelés coefficients et n
est un entier positif que nous appelons "degré du
polynôme" (cf. chapitre de
Calcul Algébrique).
Il est évident que cette fonction est définie pour toutes les
valeurs de x,
c'est-à-dire qu'elle est définie dans un intervalle infini.
6. Les "fractions rationnelles" qui sont des divisions de polynômes (cf. chapitre de Calcul Algébrique):
(16.73)
7. Les "fonctions
algébriques"
sont définies par le fait que la fonction
est
le résultat d'opérations d'addition, de soustraction, de multiplication,
de division, de variables élevées à une puissance rationnelle non
entière.
8. Une application
est
dite "fonction en escalier" si et seulement si il existe
une subdivision
de
[a, b] tel que
et
et
tels
que:
![]()

(16.74)
LIMITE ET CONTINUITÉ DES FONCTIONS
Nous allons considérer maintenant des variables ordonnées d'un type spécial, que nous définissons par la relation "la variable tend vers une limite". Dans la suite de ce cours, la notion de limite d'une variable va jouer un rôle fondamental, étant intimement liée aux notions de base de l'analyse mathématique, la dérivée, l'intégrale, etc.
Définition: Le nombre a est
appelé la "limite" de la
grandeur variable x,
si, pour tout nombre arbitrairement petit
avons :
(16.75)
Si le nombre a est la limite de la variable x, nous disons que "x tend vers la limite a".
Nous pouvons définir également la notion de limite en partant de considérations géométriques (cela peut aider à mieux comprendre... quoique pas toujours...) :
Le nombre constant a est
la limite de la variable x,
si pour tout voisinage donné, aussi petit qu'il soit, de centre
a et
de rayon
,
nous pouvons trouver une valeur x
telle que tous les points correspondant aux valeurs suivantes
de la variable appartiennent à ce voisinage (notions que nous
avons défini précédemment). Géométriquement nous représentons
cela ainsi:

(16.76)
Il découle également de la définition de la limite qu'une grandeur variable ne peut pas avoir n'importe comment deux limites. En effet, si :
et
(16.77)
avec
, x doit
satisfaire simultanément aux deux inégalités suivantes :
et
(16.78)
pour
arbitrairement
choisi. Mais si nous faisons une représentation géométrique identique
à la précédente, nous voyons assez aisément que cela est impossible
si :
(16.79)
Il ne faut également pas s'imaginer que chaque variable doit nécessairement avoir une limite.
Définition: La variable x tend vers l'infini,
si pour chaque nombre positif donné M nous indiquons une
valeur de x
à partir de laquelle toutes les valeurs conséquentes de la variable
(valeurs de la variable appartenant dans le voisinage défini
à partir de valeur indiquée précédemment)
x vérifient l'inégalité
.
Nous pouvons vérifier ce genre de cas dans les suites arithmétiques, géométriques, ou harmoniques où chaque terme de la progression est une valeur que prend la variable x.
La variable x
"tend vers plus l'infini", ou
si
pour
arbitraire,
à partir d'une certaine valeur, toutes les valeurs conséquentes
de la variable vérifient l'inégalité
.
C'est typiquement le genre de considération que nous avons pour
des progressions divergentes vers l'infini ou à partir d'un certain
terme de valeur égale à M
tous les termes suivant sont supérieurs à M.
La variable x "tend vers moins
l'infini" ou
si
pour
arbitraire,
à partir d'une certaine valeur, toutes les valeurs suivantes de la
variable vérifient l'inégalité
.
Définition: Soit
une
fonction définie dans un voisinage du point a ou
en certains points de ce voisinage. La fonction
tend
vers la limite b
lorsque
x
tendant vers a
,
si pour chaque nombre positif
,
aussi petit qu'il soit, nous pouvons indiquer un nombre positif
tel
que tous les x
différents de a
et vérifiant l'inégalité
satisfont
également :
(16.80)
L'inégalité
permet
d'exprimer le côté (ou le sens) depuis
lequel nous venons avec notre x.
Car sur le système d'axe représentant des valeurs ordonnées,
nous pouvons, pour une valeur donnée, venir de sa gauche ou
de sa droite pour se rapprocher d'elle (imaginez-vous au besoin,
un bus qui peut
venir depuis un côté ou un autre de la route tant que la distance
qui le sépare à l'arrêt qui nous intéresse est inférieur à
).
Si b est la limite de la fonction f(x) quand
,
nous écrivons alors sur ce site en tout les cas:
(16.81)
Pour définir le côté depuis lequel nous venons en appliquant la limite, nous utilisons une notation particulière (rappelons que cela permet de connaître de quel côté de la route vient notre bus).
Ainsi, si f(x) tend vers la limite
quand
x tend vers un nombre a en ne prenant que des
valeurs plus petites que a, nous écrirons alors:
(16.82)
(remarquez le petit – en indice) et nous appellerons
la
"limite à gauche" de la fonction
f(x) au point a (car rappelez vous
que l'axe des ordonnées va de
à
,
donc les petites valeurs par rapport à une valeur donnée, se trouvent
à gauche). Si x prend des valeurs plus grande que a,
nous écrirons alors:
(16.83)
(remarquez le petit + en
indice) et nous appellerons
la
"limite à droite" de la fonction au point a.
Définition: La fonction f(x)
tend vers la limite
b quand
si
pour chaque nombre positif
aussi
petit qu'il soit nous pouvons indiquer un nombre positif N tel
que pour toutes les valeurs de x vérifiant l'inégalité
,
l'inégalité ![]()
Exemple:
Montrons que (nous supposons le résultat connu pour l'instant):
(16.84)
Il faut démontrer que, quel
que soit
,
l'inégalité
sera
satisfaite dès que
,
où N
est défini par le choix de
.
L'inégalité précédente est évidemment équivalente à
,
qui est satisfait si nous avons x:
(16.85)
Nous admettons que l'exemple et la méthode sont discutables mais nous verrons plus tard les outils mathématiques adéquats pour arriver rigoureusement, sans magouilles et hypothèses de départ, au résultat obtenu précédemment.
La signification des symboles
et
,
rend évidente celle des expressions :
f(x) tend vers b quand
![]()
et :
f(x) tend vers b quand
![]()
que nous notons symboliquement par:
et
(16.86)
Nous avons étudié le cas où la fonction f(x)
tend vers une certaine limite b quand
ou
.
Considérons maintenant le cas où la fonction
tend
vers l'infini quand la variable x varie d'une certaine manière.
Définition: La fonction f(x) tend
vers l'infini quand
,
autrement dit f(x) est infiniment grande quand
,
si pour chaque nombre positif M, aussi grand qu'il soit,
nous pouvons trouver un nombre
tel
que pour toutes les valeurs de x différentes de a et
vérifiant la condition
,
l'inégalité
est
satisfaite.
Si f(x) tend vers l'infini quand
,
nous écrivons:
(16.87)
Si f(x) tend vers l'infini quand
,
en ne prenant que des valeur positives ou que des valeurs négatives,
nous écrivons respectivement :
et
(16.88)
Si la fonction f(x) tend vers l'infini quand
on
écrit:
(16.89)
et en particulier, nous pouvons avoir:
,
,
,
(16.90)
Il peut arriver que la fonction f(x) ne
tende ni vers une limite finie, ni vers l'infini quand
(par
exemple
),
la fonction est alors bornée (cf.
chapitre de Théorie des Ensembles).

Maintenant que nous avons grosso modo eu un aperçu du concept de limite, nous allons donner une définition extrêmement importante qui est un des piliers de beaucoup de domaines de la mathématique et de la physique.
Définition: Soit f une fonction définie sur
.
Soit
,
nous disons que nous avons une "fonction
continue" en
si
et seulement si:
(16.91)
c'est-à-dire si (il faut pouvoir arriver à y lire le fait qu'on
s'approche de manière infiniment petite d'une limite ce qui permet
d'assurer le continuité) que
tel
que
alors:
(16.92)
Nous avons les corollaires triviaux suivants:
C1. f est continue en
si
et seulement si f est continue à droite et à gauche en ![]()
C2. f est continue sur I si et seulement si f est continue en tout point de I.
ASYMPTOTES
Le terme d'asymptote est utilisé en mathématiques pour préciser des propriétés éventuelles d'une branche infinie de courbe à accroissement tendant vers l'infinitésimal.
L'étude du comportement asymptotique est particulièrement développée dans les études de fonctions. Dans le domaine scientifique, il arrive fréquemment d'étudier des fonctions dépendant du temps (évolution de populations, réaction chimique ou nucléaire, graphique de température, oscillation d'un amortisseur). Un des objectifs du chercheur est alors de connaitre l'état à la fin de l'expérience, c'est à dire lorsqu'un grand intervalle de temps s'est écoulé. L'objectif n'est alors pas de connaitre les variations intermédiaires mais de déterminer le comportement stable, à l'infini du phénomène mesuré. Le chercheur étudie donc le comportement asymptotique de sa fonction avec les outils que les mathématiques lui offrent.
Définitions :
D1. Lorsque la limite d'une fonction f(x) tends
vers une constante
quand
,
alors la représentation graphique de cette fonction nous amène à
dessiner une droite horizontale que nous appelons "asymptote
horizontale" et dont l'équation est :
(16.93)
D2. Lorsque la limite d'une fonction f(x) tends
vers
quand
, alors la représentation graphique de cette fonction nous amène
à dessiner une droite verticale que nous appelons "asymptote
verticale" et dont l'équation est :
(16.94)
Exemple:
La
courbe représentative de la fonction f(x)=1/(x-1)
admet la droite d'équation
comme
asymptote verticale et
comme
asymptote horizontale:

(16.95)
D3. La droite d'équation
est
une "asymptote oblique" à
la courbe de la fonction f(x) si :
(16.96)
les valeurs de a et de b peuvent se retrouver facilement à l'aide des relations suivantes :
(16.97)
Pour rechercher une asymptote oblique éventuelle, il
faut déjà
être sur que la fonction f admet une limite infinie en +
ou en -
ensuite nous cherchons la limite en +
ou en
de
f(x)/x .
Trois cas sont à considérer :
C1. La courbe représentative de f a pour direction asymptotique
la droite d'équation
:
(16.98)
Exemple:
La fonction
possède
entre autre une asymptote d'équation
:

(16.99)
C2. La courbe représentative de f admet une branche infinie (cette branche infinie n'admet pas d'asymptote) et l'axe des abscisses en est la direction asymptotique (fonction racine carrée par exemple)
(16.100)
Exemple:
La
fonction
(en
rouge) ou ln(x) (en vert) ont
une limite f(x)/x nulle et possèdent
donc toutes deux une "branche parabolique" de direction Ox.
(16.101)
C3. La courbe représentative de f admet une branche infinie (cette branche infinie n'admet pas d'asymptote) et l'axe des ordonnées en est la direction asymptotique. (nous parlons aussi de "branche parabolique" voir de "fonction carrée")
(16.102)
Exemple:
La
fonction
à une
limite f(x)/x infinie et possède donc
une
"branche parabolique" de direction Oy.

(16.103)
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